Renault a confirmé son virage vers l’électrique. Dans le cadre de son nouveau plan stratégique 2026-2030, le constructeur français a annoncé son objectif de mettre fin à la vente de véhicules à carburants fossiles en Europe d’ici 2030 et de porter à 100 % la part des véhicules électrifiés dans ses ventes sur le continent.
À ce jour, environ 40 % des modèles vendus par la marque Renault en Europe sont encore exclusivement thermiques (essence ou diesel). Toutefois, le groupe entend accélérer sa transformation pour se préparer à l’ère de l’après-combustion, tout en adaptant sa stratégie aux réalités du marché automobile.
Contrairement à son objectif initial annoncé en 2022, qui se focalisait uniquement sur le 100 % électrique, Renault a choisi d’intégrer les modèles hybrides dans sa trajectoire vers l’électrification. Ce choix reflète le ralentissement des ventes de voitures totalement électriques ces dernières années, ainsi que l’évolution des réglementations européennes qui autorisent désormais l’appui sur les motorisations hybrides pour la transition énergétique du secteur.
Malgré cette flexibilité, Renault maintient fermement le cap sur l’électrification de sa gamme. Le groupe prévoit de lancer 36 nouveaux modèles d’ici 2030, dont 16 entièrement électriques, dépassant ainsi les 32 modèles produits lors du cycle précédent (2021-2025).
Baptisé « Ready for Future », ce nouveau plan stratégique est piloté par le directeur général François Provost. Il succède au programme « Renaulution » porté par Luca de Meo, lequel a été marqué par le lancement de la nouvelle Renault 5 électrique.
La stratégie du groupe ne se limite pas au marché européen. Renault souhaite également renforcer sa présence dans plusieurs régions jugées stratégiques, notamment l’Inde, la Corée du Sud et l’Amérique latine, où 14 des nouveaux modèles prévus seront développés.
Le groupe ambitionne de porter les ventes de la marque Renault à plus de deux millions de véhicules par an d’ici 2030, contre environ 1,6 million actuellement. La part des ventes hors Europe devrait également progresser pour atteindre environ 50 %, contre 38 % aujourd’hui.
Ces transformations concernent aussi la marque Dacia. Le constructeur « low-cost » du groupe prévoit d’accélérer considérablement son électrification, les véhicules électrifiés devant représenter environ deux tiers de ses ventes d’ici 2030.
Sur le plan technologique, Renault mise sur plusieurs innovations pour renforcer la compétitivité de ses véhicules électriques. Les plans incluent le développement de modèles équipés d’un prolongateur d’autonomie (range extender), un petit moteur thermique utilisé uniquement pour recharger la batterie. Cette technologie pourrait permettre d’atteindre une autonomie de 1 400 kilomètres, tout en réduisant les émissions à moins de 25 grammes de CO2 par kilomètre.
Le groupe compte également accélérer le développement de batteries plus performantes, capables de se recharger en dix minutes, ainsi que de nouveaux moteurs électriques sans terres rares.
Cette transition nécessitera aussi le développement de nouvelles architectures techniques. Renault prévoit de lancer son premier véhicule défini par logiciel (Software-Defined Vehicle) en 2026, dont les fonctionnalités seront mises à jour à distance, à l’instar d’un smartphone. Ce premier modèle sera un fourgon électrique de type Trafic, produit en France à l’usine de Sandouville.
À travers ce plan, Renault cherche à réduire ses coûts de production, notamment via une nouvelle plateforme technologique baptisée RGEV Medium 2.0, développée principalement en France. L’entreprise vise également des cycles de conception plus rapides pour rivaliser avec la vitesse d’innovation des constructeurs chinois.
Financièrement, le groupe a confirmé ses objectifs pour la période à venir, ciblant une marge opérationnelle entre 5 % et 7 % du chiffre d’affaires et un flux de trésorerie annuel d’au moins 1,5 milliard d’euros pour ses activités automobiles.
Avec cette stratégie, Renault entend consolider sa position dans un secteur automobile en pleine mutation, où l’électrification, les logiciels et les nouvelles technologies sont devenus les facteurs clés de compétitivité.
