Le secteur de l’industrie automobile au Maroc connaît une transformation majeure avec l’augmentation des investissements des grandes entreprises chinoises dans le domaine des véhicules électriques et des batteries, reflétant des changements stratégiques sur la carte industrielle mondiale de ce secteur vital.
Après des années de domination de l’industrie locale par Renault et Stellantis, de géantes entreprises chinoises ont commencé à s’étendre dans l’écosystème marocain, profitant d’infrastructures avancées et d’une position géographique stratégique qui fait du Maroc une porte d’entrée idéale vers les marchés européens et américains.
Selon un rapport du journal français Le Monde, le Maroc a attiré environ la moitié des nouveaux investissements chinois dans le secteur automobile de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) durant la période 2023-2025, surpassant des pays comme l’Égypte et l’Algérie.
Les données publiées par BMI Fitch Solutions indiquent que le Royaume a capté 23 projets sur un total de 45 projets chinois dans la région au cours de cette période.
Parmi les projets les plus emblématiques figure l’usine de Gotion High-Tech à Kénitra, sixième plus grand fabricant mondial de batteries, lancée en 2024 avec un investissement initial de 12,8 milliards de dirhams, et des plans pour atteindre 65 milliards de dirhams à l’avenir. De même, la société CNGR Advanced Materials travaille sur la création d’une unité de production de composants de batteries dans la zone de Jorf Lasfar, près de Casablanca.
Les experts affirment que ces investissements font partie d’une stratégie chinoise visant à délocaliser une partie de la production de véhicules électriques vers des pays liés par des accords de libre-échange avec les marchés occidentaux, afin de contourner les droits de douane élevés imposés aux produits chinois aux États-Unis et dans l’Union européenne.
Le Maroc jouit d’atouts stratégiques dans ce cadre, notamment des accords de libre-échange avec les marchés occidentaux, une structure industrielle intégrée, un réseau de fournisseurs locaux, ainsi que le port de Tanger Med, l’un des ports à conteneurs les plus importants au monde.
De plus, les immenses réserves de phosphate du Royaume — environ 70 % des réserves mondiales — constituent un soutien essentiel à l’industrie des batteries Lithium-Fer-Phosphate (LFP), désormais largement utilisées dans les voitures électriques.
BMI Fitch Solutions prévoit que le Maroc devienne, dans les années à venir, l’un des centres mondiaux de production de batteries pour véhicules électriques, tirant parti de l’afflux des investissements chinois et du développement de l’écosystème industriel local.
